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JE TE PARLE ET TU TE TAIS

Malheureusement, c’est en ces termes qu’on peut définir le dialogue des citoyens avec notre conseil municipal à Sherbrooke. C’est cette culture qui a permis l’adoption, contre la volonté d’une forte majorité des citoyens, du règlement 425 permettant à Hydro-Sherbrooke d’aller de l’avant avec les compteurs à radiofréquences. L’implication des citoyens dans les choix et l’analyse des risques environnementaux est cruciale, bien plus que pour le zonage et les commerces. Il en vas de notre santé.

Les champs électromagnétiques sont des formes d’énergie qui échappent totalement aux systèmes sensoriels humains. En vérifier la présence et l’intensité nécessite des appareils sophistiqués et des connaissances approfondies. Ces particularités permettent donc à ceux qui le veulent bien de verser aisément dans le sophisme, l’aberration, voire même dans les faussetés. C’est précisément le cas lorsqu’on cite que l’intensité des ondes émises par les compteurs Itron d’Hydro-Sherbrooke est très faible, soit 2,2 micro watts par mètre carré (µW/m2), ce qui serait des milliers de fois en deçà des normes. Dans les faits, ce résultat est obtenu en calculant une moyenne de la forme d’onde mesurée sur 6 minutes et ne s’applique absolument pas à la multitude de réactions biochimiques qui se passent dans le corps humain en 24 heures, sauf pour la brûlure. Alors que pour les effets biologiques autres que la brûlure des tissus, on doit considérer l’onde radio en totalité et dans le cas des compteurs à radiofréquence ce sont des ondes pulsées dont la valeur est de 8 000 µW/m2 et plus. Toutes ces comparaisons faites avec le cellulaire et le four à micro-ondes ne tiennent pas, d’autant plus qu’on compare des usages partielles et volontaires, et une exposition en continue et imposée. En matière de santé et sécurité on doit toujours tenir compte du pire scénario, soit considérer le plus grand danger et de sa fréquence d’occurrence. Par exemple, lors de la conception d’un pont doit-ont prendre la charge moyenne du trafic ou la charge maximale? Si vous placez la main droite dans l’eau glacée et la gauche dans l’eau bouillante, doit-on considérer qu’en moyenne vous êtes confortable? Qu’en est-il pour la fréquence du danger? Si Hydro-Sherbrooke se permet d’affirmer que l’intensité de leurs compteurs est 26 fois inférieure à ceux d’Hydro-Québec c’est que, n’étant pas en réseau avec les autres compteurs, ils émettent moins souvent. Il s’agit encore là d’une subtile tromperie. Les réactions biologiques aux ondes radio ne sont pas linéaires et l’effet des ondes pulsées perdure un certain temps après la fin d’un pulse. Cela est bien documenté dans la littérature. Les ondes pulsées des compteurs présentent des dangers, cela est également documenté, par contre on ne sait pas si un peu moins ou un peu plus de pulses à la minute font la différence. Alors la sagesse commande la prudence et d’écarter le danger. D’autant plus si les coûts sont raisonnables. Chose certaine si le compteur émettait une fois par deux mois pour le relevé de consommation ce serait largement plus sécuritaire. Ce qui fut d’ailleurs proposé à nos élus à de multiple reprises. On connaît maintenant la raison du refus c’est que l’étape suivante sera un réseau communiquant (compteurs intelligents comme Hydro-Québec). On convient que cette dissertation technique est quelque peu aride, mais transparence et déontologie obligent.

Bien entendu, vous croyez comme Santé Canada l’affirme que des effets biologiques autres que les brûlures des tissus n’existent pas ! Détrompez-vous, ce lundi soir le 18 mars on a pris bien soin de taire l’issu en cour d’appel de la cause opposant en justice Rogers et la Ville de Chateauguay. Lors des audiences qui sont terminées le 20 février dernier, le témoin représentant Santé Canada, a dû admettre que le code de sécurité 6 de Santé Canada ne s’appliquait pas à autres choses que les effets thermiques des micro ondes. La séculaire négation des effets biologique par Santé Canada ne tient plus et n’était qu’une position politique. N’y-a-t-il pas là un motif important permettant d’appliquer le principe de précaution tant réclamé par les citoyens de Sherbrooke? Et que dire de nos organismes québécois de santé communautaire dont la position s’appuie sur celle de Santé Canada? Il est bien connu que c’est le lobby de l’industrie du sans-fil qui, en alimentant la controverse, gangrène Santé Canada et cela vient jusqu’à nous à travers nos représentants de la santé publique, dont certains sont nettement en apparence de conflit d’intérêts. C’est une réalité dérangeante, mais la nier serait comme nier les faits de la commission Charbonneau.

Affirmer que les ondes radio n’ont pas d’effet biologique connu à ce jour comme l’a fait monsieur le Maire est facile à dire après avoir mis fin à la période de questions, alors qu’un technicien, qui faisait la file avec ceux qui n’ont pas eu droit de parole, aurait aimé témoigner que son électrosensibilité fut validé par un test à l’aveugle au laboratoire de télécommunication de l’université de Sherbrooke. Vous voyez ou mène la prépondérance du dogmatisme sur le gros bon sens. On nous a servi bon nombre de justifications qui sont des copiés collées des négationnistes qu’on retrouve sur la toile, notamment contre le rapport BioInitiative. Mais là, petite erreur, ce fut ceux du rapport 2007 alors qu’il existe une version 2012 qui, maintenant, recommande de resserrer une fois de plus les précautions envers les champs électromagnétiques et propose un reclassement cancérigène. En ne considérant pas le récent rapport BioInitiative, nos élus ont raté une belle occasion pour demander aux 2 chercheurs indépendants québécois, qui sont au nombre des 29 co-auteurs internationaux, de venir exposer leur position.

C’est dans La Tribune de mardi qu’on comprend pourquoi la ville a refusé la proposition gagnant – gagnant présenté par Estrie Refuse. On y apprend que le compteur à radiofréquence n’est qu’une étape pour passer au réseau intelligent qui lui fonctionnera comme celui d’Hydro-Québec. Dire qu’on nous a vendu la technologie en disant que l’émission des compteurs d’Hydro-Sherbrooke était 23 fois plus faible que ceux d’Hydro-Québec. Cette proposition, qui consiste à opérer les compteurs sur demande, aurait permis d’une part les économies souhaitées et d’autre part, l’application du principe de précaution. Aucun débat ne fut fait sur cette proposition. Deux ingénieurs ayant des compétences en télécommunications, dont le soussigné, ont validé auprès de l’industrie la faisabilité technique de cette solution. On peut mieux comprendre maintenant pourquoi la confiance des citoyens envers les élus est si faible.

Marc Robert

Porte-parole d’Estrie Refuse, une initiative des Amis de la Terre de l’Estrie


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