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Parution dans le journal du Propriétaire, édition RPHL

Un article écrit par Marc Robert, le porte-parole d’Estrie Refuse, est paru dans la plus récente parution du journal Le propriétaire Édition RPHL. L’article publié en page 19 discute spécifiquement de la problématique des compteurs intelligents dans les immeubles à logements multiples.

Si vous connaissez quelqu’un qui vit dans un logement situé à proximité de la chambre électrique où sont regroupés tous les compteurs de son édifice à logements, recommandez-lui de lire cet article et encouragez-le à portez plainte auprès de son député et de la Régie de l’énergie (explications sur ce processus ICI et ICI), et de dénoncer cette terrible situation dans les médias locaux. Il devrait aussi constituer un comité de locataires afin de dénoncer ensemble cette grave atteinte à leur qualité de vie.

L’article en entier est disponible en ligne: Source

LES COMPTEURS À RADIOFRÉQUENCES DANS LES ÉDIFICES À LOGEMENTS MULTIPLES. QU’EN EST-IL?

 

C’est en octobre 2012 que la Régie de l’énergie autorisait Hydro-Québec à faire le déploiement de compteurs à radiofréquences (ou compteurs intelligents) sur le territoire provincial. Malheureusement, bien des aspects de cette nouvelle technologie n’ont pas été pris en compte. Notamment, les dangers pour la santé et encore plus dans les cas de compteurs regroupés dans les édifices à logements multiples. La solution retenue consiste à donner un droit de retrait pour les abonnés désirant recevoir un compteur non communiquant moyennant un coût initial de 343$ et des frais mensuels totalisant 206$ par année.

 

Au sujet des compteurs regroupés dans les édifices à logements multiples, on peut lire dans le rapport de la Régie de l’Énergie que: «Selon le Distributeur, le cas des compteurs multiples à l’intérieur d’un logement touche très peu de clients. Ainsi, il y a tout au plus 700 cas de compteurs regroupés dans les logements sur les 3,8 millions de clients de la province.» On voit bien qu’on a erré dans l’estimation de cette problématique et, que les compteurs regroupés soit à l’intérieur ou à l’extérieur d’un bâtiment, cela fait peu de différence, les murs offrant très peu d’atténuation aux ondes radio. On installe donc des appareils qui émettent des champs électromagnétiques (CEM) potentiellement dangereux pour la santé en remplacement des anciens compteurs électromécaniques dont la disposition et les arrangements physiques n’ont absolument pas été prévus pour cela à l’époque de l’établissement des normes d’électrification.

 

En 2011, l’Organisation Mondiale de la Santé a fait un changement notoire en classant les CEM potentiellement cancérigènes. Mais c’est après que la Régie de l’Énergie ait donné son aval pour le déploiement de compteurs à radiofréquences que les études les plus convaincantes ont été produites. Notamment le rapport BioInitiative, publié en janvier 2013, qui est une synthèse de plus de 1800 études, révisées ou produites par 29 chercheurs internationaux de renom et indépendants. Les effets biologiques y sont largement documentés: tachycardie, insomnie, acouphènes, etc. Ce rapport recommande que les radiofréquences soient maintenant classées cancérigènes. Dans une récente étude, l’Académie Américaine de Médecine Environnementale, démontre clairement les effets nocifs sur la santé humaine des émissions des compteurs intelligents.

 

Malheureusement, les normes canadiennes sont semblables à celles des États-Unis. On s’entend que nos voisins du sud ne sont pas une référence en ce qui a trait à la protection de la santé publique. Santé Canada, par son Code de sécurité 6, dont la dernière révision date de 1999, stipule que le seuil maximum admissible d’exposition aux ondes radio dans la gamme d’onde concernée est de 6 millions de microwatts par mètre carré (mW/m2) pour 6 minutes. C’est l’exposition maximale pour laquelle les tissus humains ne subiront pas de dommage par brûlure. On ne reconnait pas qu’il puisse y avoir des perturbations du fonctionnement de la biochimique du corps humain causées par l’exposition aux CEM en prétextant que les études ne sont pas parfaites. C’est comme cela que par le passé nos autorités ont pu statuer qu’il n’y avait aucun problème avec l’amiante, les gras trans, les pesticides, etc.

 

On dit que l’exposition aux compteurs à radiofréquences est beaucoup plus faible que celle d’un cellulaire, alors pourquoi s’en inquiéter? Rien n’est plus faux. Les compteurs à radiofréquences émettent des ondes pulsées (pointes d’onde de durée variable). Lorsqu’Hydro-Québec annonce une intensité de 50 mW/m2 (ou de 2.2 mW/m2 pour Hydro-Sherbrooke), il s’agit d’une valeur moyenne pendant six minutes qui est l’intensité pouvant causer des brûlures. Pour les effets biologiques on doit considérer l’intensité maximale, qui pour les compteurs à radiofréquences, dépasse de beaucoup cette valeur moyenne. Des mesures effectuées par une firme québécoise indépendante montrent des intensités variant de 3 000 à 49 000 mW/m2 à un mètre, selon le type de compteur. Elle est de 2 600 mW/m2 pour un cellulaire en utilisation. Ces comparaisons faites avec le cellulaire et le four à micro-ondes ne tiennent pas, puisqu’on compare des usages partiels et volontaires, avec une exposition en continu et imposée.

 

En matière de santé et sécurité, on doit toujours tenir compte du pire scénario. Par exemple, lors de la conception d’un pont, doit-on prendre la charge moyenne du trafic ou la charge maximale? Si vous placez la main droite dans l’eau glacée et la gauche dans l’eau bouillante, doit-on considérer qu’en moyenne vous êtes confortable ? Les études montrent une augmentation notable des cancers du cerveau avec une utilisation ponctuelle du cellulaire, alors accepteriez-vous que vos enfants dorment en présence d’un ou de plusieurs compteurs à radiofréquences, émettant des ondes pulsées, classées potentiellement cancérigènes, au même titre que le plomb et le mercure, cela 24 h par jour et durant toute leur vie ?

 

Alors que les compteurs sont presque toujours regroupés au même endroit dans les édifices à logements multiples, il est fort probable que les occupants les plus éloignés du lieu des compteurs choisissent de ne pas payer les frais élevés (pénalité) qu’exige Hydro-Québec pour le droit de retrait. Dans ces circonstances, les occupants proches des compteurs subiront, contre leur gré, l’exposition de plusieurs compteurs. Cette situation anormale risque fort d’être la cause de conflits. L’option de retrait comportant une pénalité n’est donc pas une solution viable. Après tout, pourquoi payer alors qu’on n’a rien demandé et qu’on n’offre aucun service supplémentaire ? Au début de l’année, une motion a été votée unanimement par l’assemblée nationale pour l’abolition des frais de retrait. Au moment d’écrire ces lignes, Hydro-Québec dit être à examiner la réduction de cette pénalité. Mais la seule option valable, est son abolition.

 

Hydro-Québec se place au-dessus des règles en installant des nouveaux compteurs non approuvés par l’Underwriters Laboratories, l’organisme officiel dont la certification est exigée par les assureurs pour la protection contre les incendies. On ne fait pas non plus de tests de densité de puissance émise à 20cm pour les compteurs regroupés tel que l’exige Industrie Canada. L’expérience montre que la facturation horaire n’entraîne pas de diminution de la consommation d’électricité et crée une augmentation du coût avec une lecture plus fine des dépassements du tarif minimum.

L’idée n’est pas de bannir les technologies du sans fil, mais bien de les utiliser de façon sécuritaire. Si nos gouvernements posent des balises, l’industrie du sans fil s’y adaptera. Tel fut le cas pour la sécurité des véhicules automobiles. C’est à nous citoyens de faire valoir nos droits en exerçant des pressions auprès de nos représentants en autorités locale et provinciale.

 

Marc Robert Porte-parole d’Estrie Refuse, une initiative des Amis de la Terre de l’Estrie https://estrierefuse.wordpress.com/


Un commentaire

  1. plateau9 dit :

    Excellent article très complet et qui donne une bonne vue d’ensemble de la situation. Bravo Marc et merci de l’avoir écrit.

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